Pu enn nasyon morisyenne for … bizin vot ar la lozik… pa ek lekerr

Notre patrimoine commun
25 août, 2019, 10:17
Classé dans : Politique Mauricienne

Il est trop tard pour arrêter Ia catastrophe écologique, qui affectera le mode de vie des hommes qui hériteront de notre terre. Les générations qui nous succéderont à l’île Maurice, comme ailleurs sur notre planète, devront apprendre à faire autrement. Les technologies que nous avons été capable de développer grâce au pétrole les y aideront certainement, mais Ies dégâts que nous aurons causé à notre planète prendront des siècles avant de cesser de nuire aux vivants.

Les héritiers de cette terre meurtrie devront subir les conséquences d’une déforestation dont le point culminant n’est en rien les 70,000 incendies qui détruisent en ce moment le poumon de la planète, en Amazonie. La déforestation a commencé il y a plus de 200 ans déjà et c’est d’ailleurs pour pallier à ce problème qu’en Grande-Bretagne on a commencé à creuser la terre pour le charbon à a fin du 18ème siècle. Le charbon sera très rapidement concurrencé avant d’être remplacé par le pétrole. La déforestation, tout comme les travaux de forage, était la solution trouvée pour répondre au besoin planétaire en énergie. Très vite l’industrialisation s’accompagnera d’une surutilisation de nos ressources en eau et une utilisation abusive de produits chimiques tels que les engrais et les pesticides. Tout cela avait un objectif précis:

Le confort de  l’homme civilisé.

C’est pour cette raison que la colonisation commence sous le prétexte que les peuples colonisés sont dans l’incapacité d’exploiter efficacement et durablement les ressources sur lesquelles ils sont assis.

Cette logique aura eu pour conséquence la première réaction géologique d’origine humaine, les géologues la nomme anthropocène. La réaction est Ie résultat de l’accumulation dans notre atmosphère de Co2 que la nature avait stocké sous forme de bois, de charbon et de pétrole. La transformation de ce carbone de sa forme solide à sa forme gazeuse est directement liée à l’activité humaine.

L’homme a vraisemblablement survécu à la dernière ère glacière, mais depuis il semble avoir perdu ses liens avec la nature. Le niveau de sophistication de notre société est tel que la terre se vend aujourd’hui sous sachet plastique dans nos supermarchés. Cette situation est symptomatique de notre époque, le marché est, semble t-il, responsable de trouver des solutions aux problèmes des hommes. Bien sûr les solutions que propose le Marché aux problèmes des hommes se doivent d’être profitables au risque de ne pas être considéré comme viable.

Lorsque Rockfeller prend sa retraite en 1896 assis sur la plus grande fortune du monde, la presse favorise l’opinion selon laquelle c’est son génie du commerce et son sens des affaires qui a fait de lui l’homme le plus riche du monde. Pourtant tout ceux qui ont suivi sa recette, à savoir garder la mainmise sur une ressource essentielle, ont connu Ie même succès. Sont-ils également des génies du commerce avec un sens inné des affaires? Ou alors se sont-ils cantonnés à profiter de notre dépendance à l’énergie fossile?

Durant les deux derniers siècles, nous avons renforcé notre lien à l’argent, un outil sensé nous permettre d’échanger des biens de valeurs équivalentes, tout en augmentant de manière systémique notre dépendance à l’énergie fossile ; et cela en défaveur de notre relation avec la nature. Si dans les années 70 il était possible d’acheter un arpent de terrain pour un montant ‘X’, aujourd’hui la valeur de ce même bien est multiplié par 1000%. Pourtant la valeur intrinsèque du lopin de terre n’a pas changé, c’est son prix par rapport au marché qui a changé.
Le professeur de philosophie Thomas Schauder explique la différence entre le prix (la valeur d’échange) et la valeur d’usage dans sa chronique en date du 10 Janvier 2018 que l’on retrouve sur la page www.lemonde.fr de la manière suivante:
Deux conceptions de la valeur s’opposent ici, et donc deux visions économiques différentes. Et cette discussion, aussi vieille que la discipline économique, est encore d’actualité. D’un côté, la valeur d’un bien ou d’un service dépend de son prix, c’est-à-dire de la possibilité de l’échanger contre un autre bien ou service (c’est la « valeur d’échange ») ; de l’autre, la valeur dépend de l’utilité, voire de la nécessité, de ce bien ou service (c’est la « valeur d’usage »). Pour les économistes dits « classiques », comme Smith, Ricardo, ou encore Marx, ce sont là deux choses complètement différentes. Ainsi, l’or ou le diamant ont une très forte valeur d’échange (ça coûte très cher), mais une très faible valeur d’usage. A l’inverse, le ticket de bus a une très faible valeur d’échange et une très grande valeur d’usage (pour certains, c’est le seul moyen de se rendre au travail, par exemple).”

Ainsi dans le contexte actuel, alors que l’Amazonie brûle, que les arbres de la promenade Roland Armand et du Chemin du Sucre sont tombés, sacrifiés sur l’autel du progrès, on ne peut plus permettre au marché de fixer le prix de la destruction de la nature. Ex: Tax carbone.

Si nous devons transmettre un héritage aux générations futures, cela doit être celui d’un principe qui s’inscrirait dans nos lois comme quelque chose d’immuable: La nature est un bien public dont la préservation ne doit faire l’objet d’aucune économie.

Ivor Tan yan

Dimanche 25/08/2019


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