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Le bonheur, c’est quoi pour nous ?
5 février, 2010, 9:52
Classé dans : Le fameux bonheur

Avant de se lancer sur une diatribe forcément subjective, vu l’énoncer de la question, mais pas forcément malveillante en raison du sujet. Il me paraît important de cerner le sens commun du mot bonheur. Selon le petit Larousse, le bonheur serait un état de complète satisfaction et de plénitude. Cette définition est d’autant plus intéressante lorsque l’on porte attention à sa deuxième partie : heureux, hasard, chance, joie et plaisir son des mots que l’on associe volontiers au bonheur. On retrouve dans cette définition, la phrase suivante qui a pour but de nous permettre de mieux cerner l’idée du bonheur : « nous avons eu le bonheur de la rencontrer. »

Le bonheur serait donc un état, un moment, un instant, il serait donc limité dans le temps. A cette volatilité du bonheur on y associe la joie éventuelle que procure une rencontre résultant du fruit du hasard. Ce qui constituerait l’essence du bonheur si l’on s’en tient à la définition commune, serait un savant mélange entremêlant surprise et état d’esprit. L’état d’esprit serait un élément fondamental du précieux bonheur après lequel nous courrons tous. Il me semble donc que toutes tentative de parler du bonheur sans faire preuve de subjectivité est impossible. Cette caractéristique du bonheur à pour conséquence d’avaliser l’adage selon lequel, le bonheur des uns fait le malheur des autres. Le bonheur est quelque chose de très personnel, d’intime et que l’on partage en premier lieu avec soi même. Il est rare qu’un heureux événement qui nous procure du bonheur, fasse le bonheur des autres, même nos plus proche amis ou parents, bien qu’ils soient heureux pour nous, ils ne sauraient ressentir l’émotion que nous procure notre bonheur.

Répondre sur le fond et non pas sur la forme à la question de savoir ce qu’est le bonheur pour chacun de nous se résume à faire l’étalage de nos besoins les plus égocentrique. On pourrait appeler cela plus simplement, nos envies. Mais notre bonheur se nourrit-il du simple assouvissement de nos envies ? Une fois le paroxysme du plaisir de la satisfaction de ces envies atteint, sommes nous capable de nous satisfaire de la même chose pour éprouver un bonheur égal ? Je n’en suis pas sûre car si l’on s’en tient au sens commun de la définition du bonheur, il manquerait l’élément de surprise. On est victime de nous même dans notre quête du bonheur, victime de notre corps qui distille avec parcimonie ces hormones qui nous font du bien. Cette parenthèse sur l’interaction chimie et bonheur, m’oblige à dire deux mots sur la place de la drogue dans la recherche du bonheur. L’utilisation de narcotique et d’autres substances euphorisante pour éprouver ce que notre corps et notre esprit sont tellement avare à nous procurer est connu comme un phénomène social. Il faut reconnaître que notre société occidental à toujours eu un problème avec la drogue, en témoigne la guerre de l’opium qui à eu pour conséquence la rétrocession de Hongkong à la Grande Bretagne pour un siècle et demi. Dans d’autre société ces substance sont utilisés comme lien entre l’au delà et les hommes. On pourrait écrire tout un chapitre sur la question des drogues dans le monde occidental, Mais je limiterai mon propos à la question du plaisir qu’elles nous procurent plutôt que la question de l’addiction. Ce plaisir que l’on dissocie volontiers du bonheur pour en faire un produit de consommation.

Notre société nous pousse à croire que le bonheur se trouve dans la dernière potion amincissante ou au volant de la dernière voiture hybride et sportive. Si l’on s’en tient à la dernière publicité du groupe de boisson gazeuse le plus connut au monde, ils nous vendent du bonheur en bouteille. Nous recherchons tellement le bonheur, qu’il est devenu un argument de vente. Les assureurs, les banques, les marchands d’électroménager et d’électronique vantent les mérites de leurs produits en mettant en avant le bonheur que ces derniers apporteront à nos vies. Je vous laisse juge de la véracité et de la pertinence de ces arguments.

Nous vivons actuellement une époque très difficile pour le bonheur, mais cela ne nous empêche pas d’être heureux. Je vous laisse le soin de faire la différence entre ces deux émotions. Mais on peut dire sans dénaturer le sens commun de ces deux mots, qu’être heureux c’est comme un bonheur de deuxième catégorie. On peut être heureux d’avoir accompli quelque chose ou de se voir attribuer une quelconque gratification mais il manque ce petit effet de surprise qui sublime notre joie pour la transformer en bonheur. Notre époque nous rends plus exigeant par rapport au bonheur, notre époque nous éloigne du bonheur.

Jean Baudrillard, sociologue et philosophe Français dans son ouvrage, « la transparence du mal » nous donne un aperçu très intéressant de ce qu’est l’état d’esprit de notre époque. « S’il fallait caractériser l’état actuel des choses, je dirai que c’est celui d’après l’orgie. L’orgie c’est tout le moment explosif de la modernité, celui de la libération dans tous les domaines. Libération politique, libération sexuelle, libération des forces productives, libération des forces destructives, libération de la femme, de l’enfant, des pulsions inconscientes, libération de l’art. Assomption de tous les modèles de représentation, de tous les modèles d’anti-représentation . Ce fut l’orgie total, de réel, de rationnel, de sexuel, de critique et d’anti-critique, de croissance et de crise de croissance. Nous avons parcouru tous les chemins de la production et de la surproduction virtuel d’objets, de signes, de message, d’idéologies, de plaisir, aujourd’hui, tout est libéré, les jeux sont faits, et nous nous retrouvons collectivement devant la question cruciale : Que faire après l’orgie ? » Ces lignes ont été écrites à la fin des années quatre vingt. Aujourd’hui vingt ans plus tard, nous avons dépassé les limites de la surconsommation, notre société nous offre énormément de facilité pour rendre notre vie plus agréable, pourtant nous sommes les plus grand consommateur d’anxiolytique. Mais le temps ou le progrès ne peuvent à eux seul expliquer nos difficultés à trouver le bonheur. On m’a appris il y bien des année que le bien être était le premier pas vers le bonheur. On m’a appris également que l’homme devait être en mesure de satisfaire ses besoins vitaux, à savoir s’alimenter, se vêtir, s’abriter et se reproduire. Notre société pourvoit pourtant à tous ces besoins, mais cela ne nous suffit pas car nos contemporains ont placé la bar plus haut. Ils ne suffit plus de se nourrir , il s’agit maintenant de manger ce que l’on choisit et ne plus être en mesure de choisir nous place en situation d’échec. Cela rends plus ardu notre pèlerinage sur le chemin qui mène au bonheur. Il ne suffit plus de se vêtir pour se protéger des intempéries, mais il s’agit d’afficher la marque qui nous corresponds, ou plutôt qui caractérise le mieux le milieu auquel nous souhaitons appartenir. Il ne suffit plus d’avoir un toit au dessus de sa tête, il faut qu’il soit bien situer et orienter plein sud de préférence.

Comment sommes nous arrivés à cela ?

Notre société c’est constituer un système éducatif respectable et nous bénéficions quotidiennement d’information sur le monde grâce au média. Je pense que l’on peut trouver des indices sur le comment de notre situation avec ces deux institutions.

L’éducation nous permet d’avoir l’illusion de la connaissance parce que nous possédons un certain savoir faire. Nos avancés scientifique et technique suggère que notre culture serait un modèle et notre pouvoir économique impose ce modèle au mépris des richesses que recèlent d’autres cultures. Ex : la médecine chinoise. Cette dernière commence tout juste à se frayée un espace jusqu’à nos mandarins J. Mais déjà les industries pharmaceutiques voient cela d’un très mauvais œil. Je n’irai pas dans les détails concernant cette question mais il faut savoir que la médecine chinoise repose en majeur partie sur l’état d’esprit ou plutôt l’énergie qui circule dans notre corps. Oui, nous soignons mieux le cancer que les chinois mais eux souffre moins que nous de ce mal.

Selon une étude menée par l’université de Leicester au Royaume Uni, on serait plus heureux au Costa Rica (13ème) qu’en France (62ème), plus jovial en Chine (82ème) qu’à Cuba (83ème), ces deux pays caracolant devant le Japon (90ème). Toutefois, l’espoir qu’un avenir meilleurs est possible, nous vient du Danemark (1er). Ils semblent avoir trouver là-bas le juste équilibre entre modernité et bonheur.

Je rends grâce à l’autre institution, les médias qui m’a permis en deux clic de trouver ces informations que je n’avais plus sous la main. Pour autant cela ne m’empêchera pas de fustiger cette institutions pour le rôle néfaste qu’elle a sur notre quête du bonheur. L’accès quasi instantané à l’information et les conclusions qu’on en tire basé sur une analyse reposant sur nos maigres connaissances, nous amènes souvent à des conclusions hâtive qui nous rassure en nous éloignant de la vérité.

La vérité c’est que rien n’est immuable en ce bas monde et que le changement est inéluctable. Un jour nous atteindrons la maturité et la sagesse suffisante pour accepter cela et là nous ferons un grand pas vers le bonheur. Il est pourtant à notre porté, il suffit juste de tendre la main et de se détacher du superflu tout en acceptant que nous sommes tributaires des aléas de la vie. Il faut accepter les conséquences de nos choix qui sont le résultat de notre investissement et de notre motivation. C’est l’énergie que l’on mets dans ce que nous accomplissons au quotidien qui nous rapproche du bonheur. A chaque fois que l’on fait quelque chose sans amour, on s’éloigne du bonheur et à chaque fois que l’on compare ce que l’on a à ce que l’on n’a pas, on tourne le dos au bonheur.

Je crois profondément que le bonheur, c’est de savoir se satisfaire de ce que l’on a et de rechercher que ce dont on a vraiment besoin. Je suis intimement persuadé que ce qu’il nous faut, c’est de l’amour. On doit commencer par s’accepter et refuser de se forger une image. Il faut accepter de contempler notre reflet sans chercher ce petit défaut qui nous caractérise, faisant de nous un individu unique. C’est selon moi la clef du bonheur.

Ivor TAN YAN


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